Le rôle de Tropical Tours est d’apporter aux compagnies qui font escale en Guadeloupe et Martinique à la fois des produits touristiques (excursions qu’ils vendent à leurs passagers), et des services logistiques (gestion des flux passagers / bagages lors des escales avec embarquement / débarquement, et assistance terrestre aux passagers en cas d’incidents).

Pour établir un rapide bilan, nous présenterons ce que nous avons eu comme retour des compagnies et les difficultés, les freins rencontrés sur la saison achevée, ainsi que les perspectives de développement.

La Guadeloupe représente 40% de notre CA Croisières, la Martinique 60%, aussi il nous est possible de faire quelques comparatifs qualitatifs. Si la Martinique reçoit plus de compagnies Américaines que la Guadeloupe, ceci nous semble beaucoup plus dû à un taux de notoriété de la Martinique supérieur à celui de la Guadeloupe aux US, qu’à des raisons qualitatives de produits.

COSTA est un client majeur depuis de nombreuses années et réalise à PTP un Turn Around (embarquement et débarquement de passagers) et des escales. Concernant le Turn Around, la principale difficulté rencontrée les précédentes saisons (retard d’arrivée des bagages des passagers sur ligne régulière) a été réglée. Les dispositions nécessaires au départ d’Orly ont été faites cette saison. Par ailleurs, deux escales ont été perturbées par des pannes d’avion, mais l’expérience de notre équipe a permis de répondre aux exigences de qualité de services de la compagnie. Ce sont aujourd’hui des opérations bien huilées.

Quant au déroulement des escales, Costa, comme toutes les autres Compagnies, a été confrontée à un manque de guides. Les compagnies, et par là même nous aussi, avons perdu des ventes par notre incapacité à répondre à toutes leurs demandes. Ce manque de guides a bien sûr été aggravé par la période covid, mais il était déjà présent auparavant. Si des efforts ont été réalisés ces dernières années par la mise en place de qualifications spécifiques telles ‘’Aquilatours’’ ; ces mesures doivent être à la fois renouvelées et amplifiées d’autant que nombres de guides ont changé de métiers en l’absence de croisière durant deux saisons. Avec d’avantage de moyens, le secteur privé pourrait accompagner les collectivités pour une meilleure efficacité d’autant que la reprise de l’activité s’installe pour plusieurs saisons.

Quant au feed back des excursions réalisées par les passagers, les meilleures appréciations proviennent des compagnies européennes et notamment allemandes escalant sur les gros paquebots à Pointe-à-Pitre. Il en est de même des escales réalisées aux Saintes et à Deshaies. Pour ce qui concerne les escales réalisées à Basse-Terre, les avis sont plus marqués. En effet, les navires généralement de taille réduite sont sur le créneau de la croisière de luxe ; donc une clientèle plus âgée avec un degré d’exigence plus élevé. Les remarques concernent les temps de trajet pour rejoindre les lieux emblématiques à visiter et l’amélioration nécessaire de l’environnement immédiat du port. Le chef-lieu doit donc poursuivre sa mutation en ce sens.

Outre la carence de guides, la deuxième difficulté est d’ordre tarifaire. Force est de constater que les conditions d’achat des produits nécessaires aux réalisations d’excursions (Restaurants, musées, entrées parcs, guides, taxes, etc…) sont plus inflationnistes en Guadeloupe qu’en Martinique. Une revalorisation tarifaire plus modérée en Guadeloupe serait salutaire à notre secteur d’activité d’autant qu’elle se conjugue souvent à de nouvelles taxes qui apparaissent d’une saison à l’autre.

Il faut bien comprendre que notre activité de services est un marché où la marge unitaire est faible et s’établie sur le volume de passagers et qu’une compagnie n’est jamais acquise…

Dans ces conditions, notre rôle est d’éviter d’affadir les excursions, qui ne  proposeraient que des « sight seeing tours », en clair, ne fournir que les autocars et guides en éliminant les points d’intérêts touristiques ou culturels payants au motif du respect des coûts des excursions. Cette orientation serait, à l’évidence mauvaise pour l’attractivité à moyen terme de la destination.

Quelles sont les perspectives pour la saison prochaine en Guadeloupe ?

Avec 243 escales programmées sur la destination (source CTIG/GPMG), la reprise est bien présente.

Néanmoins, il n’est pas inutile de rappeler que la croisière est un secteur hautement concurrentiel et qu’il appartient à ce secteur d’activité porteur de ressources et d’emplois de rester compétitif et d’être particulièrement innovant et imaginatif.

 

Jean-Bruno QUEUDRAY – Gérant de Tropical Tours